Roland Ries fait solennellement le point sur l’ambiance au conseil municipal de Strasbourg. Voici le texte de l’intervention de Robert Grossmann
Conseil Municipal du 22 février 2010
Réponse de Monsieur robert Grossmann ( UMP )
Ambiance au conseil Municipal
A voir en vidéo en cliquant ICI
Je ne suis pas sûr que le thème que vous nous proposez intéresse autant que vous le pensez nos concitoyens Strasbourgeois.
Ce qui les intéresse ce sont les soucis de leur vie quotidienne en ces temps de crise et la manière dont la ville est gérée, bref les décisions concrètes du conseil municipal.
Cela dit je reconnais que votre déclaration paraît très convenable. Toutefois, sous peine de donner dans l’angélisme, il faut en revenir au contexte qui nous conduit à votre déclaration et il nous semble impossible de faire abstraction d’un certain passé.
Roland Ries, vous vous êtes fait élire essentiellement sur une image que vous aviez soigneusement travaillée et projetée sur tous les écrans en 2008, sublimée par ce chef d’œuvre d’agression personnelle et de mauvaise foi « Requiem pour un tandem » . Abjectement anonyme évidemment !
Cette image était la suivante : Moi, gentil Roland Ries,je vais vous débarrasser des méchants.
Ça a fort bien fonctionné.
Sauf que maintenant nous sommes à deux ans de pratique du pouvoir et que l’heure du bilan sonne, et votre méthode de gouvernance est en cause. Je ne puis en effet adhérer à certaines affirmations de votre déclaration.
Pour vous l’essentiel se trouve dans votre nouveau Schwörbrief : le règlement intérieur, dont vous nous avez détaillé certains points .
Roland Ries depuis que les conseils municipaux existent il existe des règlements intérieurs… Mais, jamais il n’y eut de crise pareille à celle qui vous conduit à faire cette déclaration.
C’est une première qui sonne comme un échec.
En effet il y a eu des dérapages, nombreux. Je vais en évoque certains.
Depuis mars 2008 l’ambiance n’a fait que se détériorer progressivement.
Et, désolé de vous le dire ainsi : vous en êtes responsable car c’est vous qui présidez notre conseil…
C’est ainsi que vous avez laissé insulter votre opposition comme cela ne s’est jamais vu à Strasbourg. Vos camarades nous ont successivement traités de voyou, de malotru, de menteurs, de charognards.
Certains de vos adjoints crient à travers l’hémicycle, nous invectivent, nous coupent la parole et la prennent, eux, interminablement.
Certains de vos camarades importent en permanence le débat politique national ici, au mépris du règlement intérieur.
Vous même tout comme M.Bigot à la CUS, vous nous avez coupé le micro pour nous interdire de développer nos arguments.
Votre directeur de cabinet a fait une déclaration publique assimilant notre action d’opposants républicains aux néo nazis qui ont tagué votre maison.
Nous avons demandé des excuses pour toutes ces insultes.Vous nous avez fait un bras d’honneur moral.
Jamais l’idée même d’une excuse n’est venue vous effleurer l’esprit.
Le fond du problème c’est que vous ne supportez pas d’être contredits, vous ne supportez pas l’opposition, donc vous cherchez à la réduire, à l’écraser.
Aujourd’hui 22 février, après 23 mois de présidence chaotique, vous brandissez le règlement intérieur.
Or, à vous, à qui me lie au moins une même passion pour la littérature, je veux vous rappeler Saint Paul : « la lettre tue, mais l’esprit vivifie »
Il y a la lettre et il y a l’esprit !
Vous avez la lettre. Êtes vous disposé à avoir l’esprit ?
Tout est dans cette question
Appeler au secours le règlement intérieur ne suffit pas.
Or vous avez à nouveau commis une infraction à « l’esprit », lundi dernier.
Je vous demandais en commission plénière, le plus calmement du monde et dans un esprit constructif, de réunir un groupe de travail comme le veut ici la coutume, pour tenter de trouver un consensus sur le fonctionnement du conseil. Vous avez refusé en criant et vous mettant en colère…
C’est à vous Roland Ries qu’il incombe d’organiser la convivialité au sein de cette assemblée et d’organiser le vivre ensemble et cela commencerait par les excuses que vos camarades nous doivent !
C’est à vous de créer et de promouvoir de la Haute Qualité Démocratique.
Quant à nous, il me faut rappeler que notre groupe d’opposition n’a cessé d’être constructif et force de proposition.
Je peux énumérer une bonne vingtaine d’exemples
Nous avons voté favorablement pour plus de 80 % des délibérations présentées.
Lorsque vous aviez été mis en cause sur la question des indemnités des élus, je vous ai défendu et notre groupe a voté avec vous. Vous aviez alors avait pris l’engagement d’instaurer une charte pour plus de transparence. Aujourd’hui, il n’y a toujours rien !
En guise de conclusion je souhaite vous dire deux choses.
Votre déclaration était relativement modérée et nous voulons bien y adhérer.
En second lieu, en droit français il y a le texte, nous en avons parlé, mais il y a aussi la jurisprudence et la coutume et ces deux derniers éléments sont essentiels et ont une réelle valeur juridique.
Je vous fais à nouveau une bonne proposition : acceptez de réunir les responsables de groupe ces prochains temps afin que nous puissions parler de l’Esprit, de la Jurisprudence et de la Coutume







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